
Vérac

Une cloche datée 1580
Cette cloche, datée 1580, est l’une des rares rescapées, car beaucoup d’entre elles ont été fondues pour diverses raisons.
Elle est encore utilisée commandée par un automate qui pilote un moteur électrique actionnant le gong.
Son état est médiocre, elle mériterait d’être « classée » pour sa protection.
Point positif: la commune a fait refaire la couverture du clocher en 2024, la cloche et le bâti supportant le cloche sont désormais à l’abri des intempéries.
La datation de 1580 est certaine puisque l’inscription fait partie du corps


L’état de la cloche est médiocre mais elle est toujours utilisée, c’est le moteur actionnant le marteau qui est fatigué.

Nous avons trouvé cette photo avec monsieur le Maire
Un peu d’histoire
La cloche en tant qu’instrument de communication de masse
Communiquer est une démarche active, orientée vers un public, avec une finalité précise. La communication sonore est un ensemble de sons organisés, produit volontairement, ayant un sens pour le ou les destinataires et qui peut induire un acte chez l’auditeur.
A travers le temps et les civilisations, les moyens utilisés pour produire et transmettre simultanément cette information à un ensemble d’individus plus ou moins dispersés géographiquement ont été particulièrement divers : cri, sifflet, phonolithe, trompe, cor, tambour…
Depuis le début de notre ère jusqu’à une époque récente, la cloche a été, en Occident, un instrument privilégié de « communication de masse » du fait de la portée étendue de sa « voix ».
Code et langage des sonneries de cloches en Occident
1. La cloche : un moyen de communication de masse
Depuis l’Antiquité, la cloche sert à transmettre des messages à distance grâce à la puissance de son son. En Occident, elle devient un outil essentiel pour informer, alerter, rythmer la vie quotidienne et religieuse. Le message dépend de trois éléments :
- la sonorité de la cloche,
- le rythme et la modalité de frappe (volée, tintement, nombre de coups…),
- le nombre de cloches utilisées.
Pour être compris, ce langage repose sur des conventions partagées par toute la communauté.
2. Les sonneries régulières : rythmer le temps et la vie religieuse
a. Le temps civil
- Sonnerie horaire : obligatoire depuis 801, elle annonce heures, quarts et demis.
- Couvre-feu : sonné chaque soir pour signaler la fin des activités et prévenir les incendies.
- Temps de travail : dans les campagnes, les cloches marquent lever, pause de midi et fin de journée.
b. L’angélus
Sonnerie instaurée progressivement entre le XIᵉ et le XVᵉ siècle. Encore aujourd’hui : trois fois par jour (matin, midi, soir), souvent 3 coups + volée.
c. L’office religieux
- Dans les monastères, les cloches rythment les heures liturgiques (laudes, vêpres, complies…).
- Dans les paroisses, volée avant la messe et sonneries spécifiques selon les fêtes.
- Grandes fêtes : utilisation de toutes les cloches (plenum).
- Pratiques locales : Nadalet avant Noël, sonneries de Toussaint, clochettes liturgiques…
3. Les sonneries de circonstance : informer et alerter
a. Le tocsin
Sonnerie d’alerte (incendie, danger, attaque). Rythme rapide, souvent sur une cloche dédiée. Usage courant jusqu’au XXᵉ siècle.
b. Protection et guidage
- Orages : sonneries pour prévenir les paysans (pratique aujourd’hui interdite).
- Tourmente hivernale : guider les voyageurs perdus (clochers de tourmente).
- Ports : cloches de brume pour orienter les navires.
c. Autres usages civils
- Sécurité ferroviaire : codes sonores pour annoncer les trains.
- Enfants abandonnés : sonnerie spécifique dans le Sud-Ouest.
- Convocations : cloches du chapitre, ban-cloque dans les beffrois.
- Arrivée d’une personnalité : sonneries protocolaires.
d. Le glas
Annonce un décès. Code variable selon régions : nombre de coups selon sexe, âge, statut. Peut accompagner le cortège funèbre.
4. À bord des navires
Deux cloches (proue et poupe) servent à :
- annoncer départs et manœuvres,
- signaler dangers,
- rythmer les quarts,
- marquer des cérémonies (obsèques, passage de l’équateur).
5. Pour conclure
Jusqu’à la Révolution, les cathédrales possédaient de nombreux clochers spécialisés (horloge, tocsin, couvre-feu, chapitre…). Aujourd’hui, l’usage s’est réduit, concurrencé par les technologies modernes. L’électrification a simplifié les sonneries, faisant disparaître une partie de la richesse du langage.
Le site qu’il faut parcourir :
« Les Amis de Saint Cybard » association laïque reconnue d’intérêt général
Mairie de Vérac 21 route des Maurins 33240 VERAC
Contact: schumachermichel@amicybard.org