
Vérac

Histoire de l’église de Vérac
1. Origines et histoire générale
- L’église est dédiée à Saint Cibard (ou Euparche), ermite du VIᵉ siècle.
- Les parties les plus anciennes datent du XIIᵉ siècle, même si les premières mentions écrites n’apparaissent qu’au XIVᵉ siècle.
- L’édifice n’a jamais été classé Monument Historique malgré l’intérêt porté par Léo Drouyn et Brutails au XIXᵉ siècle.
2. L’église romane du XIIᵉ siècle
- Plan d’origine : nef unique terminée par une abside polygonale à cinq pans.
- Portail roman situé au nord, décoré de chevrons, colonnes et chapiteaux à feuilles d’eau.
- Présence d’une baie romane au-dessus du portail.
- Abside typique de la Saintonge : colonnes extérieures, modillons, corniche à petits cylindres.
- Plusieurs baies romanes aujourd’hui murées sont encore visibles.
- Nombreux modillons décoratifs ou figuratifs (visages, animaux, scènes morales).
Le patrimoine saintongeais est varié, il est un élément commun à l’ensemble du territoire, l’art roman !
Chaque village possède son église, nichée au cœur des maisons sur lesquelles elle semble veiller. De destruction en reconstruction, d’agrandissement en restauration, elles nous sont parvenues jusqu’au XXIe siècle, plus belles de leur histoire. Nous rappelant parfois, par les marques de leur pierre, la région a été mise à mal les guerres et les conflits et qu’elles sont alors devenues refuges.
Érigées par des artisans anonymes, décorées par des artistes inconnus, elles gardent malheureusement leurs secrets.
L’architecture romane en Saintonge est caractérisée par les voûtes en berceau, l’arc en plein cintre et les chapiteaux historiés.
La façade saintongeaise est caractéristique. Elle est souvent divisée en trois par des colonnes : la porte d’entrée est accompagnée de deux arcs latéraux aveugles, qui parfois disparaissent pour laisser plus d’importance au portail central, comme à Fenioux. L’archivolte du portail central se divise en trois ou quatre voussures. Au-dessus, une ou plusieurs arcatures superposées reposent sur des colonnettes. Des arcatures entourent souvent les absides. Ces arcatures sont décoratives. Les piliers soutenant le clocher, en avant du chœur.
Souvent rapprochée de l’architecture romane du Poitou, l’architecture romane saintongeaise s’en distingue par la présence, sauf rares exceptions, d’une seule nef dans les églises. Le déambulatoire n’existe presque jamais en Saintonge[8]. Le chœur a la forme d’un hémicycle dont la profondeur dépend de la présence ou non d’une travée droite. Le transept, peu saillant, se limite parfois à la travée du clocher[7]
L’ornementation, à base de motifs de bâtons rompus et de losanges, est souvent simple.
3. Transformations du XIIIᵉ siècle
- Rehaussement ou reconstruction des murs de la nef.
- Percement de baies en plein cintre avec archivoltes moulurées.
- Mise en place d’un cordon mouluré courant sur les murs gouttereaux.
4. Travaux de la fin du XVe – début XVIe siècle
- Voûtement d’ogives du chœur et de la travée droite.
- Surélévation ou construction du clocher à deux niveaux, avec arcs de décharge et baies en arc brisé.
- Transformation ou obturation des anciennes baies romanes.
5. XVIIe – XVIIIe siècles : visites pastorales et réparations
- Nombreux rapports d’archevêques décrivant l’état de l’église.
- Problèmes récurrents : vitres manquantes, toiture endommagée, tribune à réparer, fonts-baptismaux défectueux.
- Présence d’une sacristie au sud (aujourd’hui disparue).
- En 1765, vaste campagne de restauration : piliers, murs, clocher, tribune, portes, vitraux, rejointoiements.
6. XIXe siècle : grandes transformations
- Après la Révolution, l’église est en très mauvais état.
- Réparations urgentes de la toiture et de la charpente (1817).
- Nouvelle sacristie construite en 1848, cette fois au nord.
- Voûte de la nef réalisée en 1863–1864 (briques et plâtre, décor faux appareil).
- Portail occidental actuel construit en 1868.
- Suppression probable de l’ancienne tribune.
- En 1880 : décor néo-gothique de l’autel réalisé par l’atelier Brisson (marbres, peintures, anges, chandeliers).


7. Mobilier et éléments remarquables
Vitraux (1869) – Atelier Joseph Villiet
- Saint Cibard
- Sainte Germaine
- Saint Jean-Baptiste
- Sainte Anne et la Vierge
- Trois vitraux décoratifs
- Cloche de 1580
- Ostensoir offert par Napoléon III
8. Synthèse
L’église Saint‑Cibard de Vérac est un édifice roman profondément remanié, dont la structure actuelle résulte de plusieurs campagnes successives : XIIᵉ (construction), XIIIᵉ (rehaussement), XVe–XVIe (voûtements et clocher), XVIIIe (réparations majeures), XIXe (voûte de la nef, portail, sacristie, autel, vitraux). Elle conserve un patrimoine sculpté et mobilier riche, représentatif de l’évolution religieuse et artistique locale.
La cloche de l’église date de 1480, pour en savoir plus :