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la croix de chemin
La croix de chemin restaurée de Vérac

Histoire de la croix de chemin de Vérac

Le cadastre napoléonien indique l’emplacement où la croix était érigée (flèche rouge) et la vue actuelle de l’emplacement .

Une esquisse qui a servi à la reconstitution de la croix

La flèche orange de la photo indique indique un second emplacement à coté de l’épicerie de Mme Delmé.

Les anciens Véracais ont connu la croix de chemin située à l’intersection des routes de Libourne et de Périssac devant l’épicerie de Monsieur et Madame Delmé. Elle ressemblait un peu à l’esquisse.

Il y a une quarantaine d’années, ce monument été déplacé, la partie haute dans le jardin du presbytère, le socle dans la parue nord-est du terrain municipal. Lors de la vente du presbytère, les blocs qui composaient la partie supérieure ont été entreposés dans le cimetière

L’origine de cette croix est inconnue, les petits cercles sculptés et la croix panée peuvent faire penser à une inspiration templière. Il s’agirait donc d’un monument historique datant du XII ème siècle qui aurait servi de repère aux pèlerins de Saint Jacques de Compostelle, se rendant à un embarcadère sur la Dordogne, venant de Guîtres via la commanderie de Queynac.

Sur le plan cadastral napoléonien une croix est indiquée à l’ancien carrefour principal qui existait au 19ème siècle (devant l’ancienne poste). Il est possible que ce soit cette croix qui ait été déplacée au carrefour principal lors de la construction de la partie de la route entre le Monument aux morts et le dit carrefour.

Son origine et son ancienneté méritent qu’elle soit restaurée et placée à un endroit où elle sera mise en valeur.

Propos recueillis auprès de Mr André Métois

Puis, on la retrouvait dans le jardin de l’ancien presbytère (vendu depuis)

Elle fut ensuite encore démontée, des morceaux étaient remisés, à l’air libre, dans le cimetière. D’autres morceaux ont été transférés au fond du « champs de foire ».

Le mot “calvaire” vient du latin “calvarium »,

traduction de l’araméen “Golgotha”, voulant dire : Lieu du crâne.

Croix ou calvaires ? On peut s’y méprendre. Sur les routes de nos campagnes, elles sont nombreuses à se dresser sur les carrefours et chemins. Ces croix de pierre, monolithiques qui portent un Christ crucifié ou glorieux ou une Vierge protectrice, sont souvent l’objet de dévotion de la part des passants qui y déposent simple bouquet de fleurs ou bougie à la flamme vacillante.

La croix de chemin est un symbole religieux catholique très répandu du XVI e siècle à nos jours. Elles sont dues à la volonté publique des communautés ou celle privée des familles.

Installées principalement à la croisée des chemins, d’un hameau… de lieux parfois entourés de mystères, -on pensait que sorciers et diables venaient y célébrer le sabbat-, les croix de pierre servaient à conjurer le mauvais sort et les effets maléfiques.

Elles servaient aussi de repères à une époque où le voyage était synonyme d’aventure.

Le calvaire rappelle alors divers évènements : une fête pour la paroisse, un temps de prière (Fête Dieu), un lieu de rassemblement pour fêter les vendanges ou la récolte du blé. Ils jouent aussi le rôle de poteau indicateur, signalant depuis un endroit plat, l’approche d’un carrefour. Ils peuvent aussi, commémorer un triste évènement, tel un accident.

Aujourd’hui, ces monuments continuent de nous interpeller. Symbolique oblige : ils invitent souvent à ne pas se tromper de route et à faire le bon choix. Une croix de chemin ou parfois croix de carrefour est une croix monumentale située traditionnellement en bord de route.

Élevées majoritairement quand apparaît l’art roman, les croix sont des marques de dévotion, pour affirmer la christianisation du territoire. Placées sur les routes et les carrefours, elles proviendraient selon certains historiens de la tentative de christianiser les anciens sites païens, en reprenant la symbolique du menhir.

Elles sont principalement édifiées du 17e au 19e par les communautés villageoises ou des familles aisées désireuses faire le bien dans leur paroisse [2].

Elles peuvent borner les limites de paroisses ou de fiefs, commémorer une épidémie ou un événement mortel, et constituent sur les chemins médiévaux mal fréquentés, des asiles inviolables pour les pèlerins et les voyageurs[1].

Les croix de chemins

Les silhouettes des croix marquent la campagne de leur pierre taillée (les plus anciennes), de leur fer forgé ou de leur fonte coulée (les plus récentes), protégeant les cultures, conjurant le mauvais sort et guidant les pèlerins.

Depuis des siècles les croix de chemin, croix rurales, grands crucifix, chapelles, font partie de notre environnement coutumier, à tel point que beaucoup ne les remarquent plus. Témoins de l’histoire de l’Église, de la foi de nos parents et de nos ancêtres, ils ont traversé le temps, les changements de sociétés, ils en ont subi les vicissitudes. Beaucoup ont disparu ; ceux qui restent sont souvent dans un état dégradé. Certains d’entre-eux ont été réparés, d’autres relevés, remplacés. Ils ont été, et sont encore pour le promeneur, des repères dans le paysage, pour le croyant une occasion de recueillement, de prière. (source : Wikipedia)

A l’époque d’évangélisation de nos contrées par l’Église, les paroisses commencent à édifier croix, calvaires, chapelles et statues de Saints sur les emplacements « suspects». Ainsi furent christianisés, les lieux sources de pratiques « païennes », dans les villes puis les campagnes. Les forêts, lieux peu fréquentés, sources de crainte, de superstitions, le furent bien plus tard. Pour christianiser les menhirs, dolmens, grottes, roches…, le représentant de l’Église, selon le site concerné, faisait graver ou poser une croix et pratiquait une cérémonie d’exorcisme avec prières et bénédictions.

Ainsi l’Église est présente aux carrefours des chemins, le long des voies de communication, aux entrées, sur les places des villages et des bourgs, rappelant la précarité de la condition humaine, le sacrifice de Jésus de Nazareth sur la croix, et la promesse de la résurrection, d’une autre vie après la mort. A un carrefour, un choix directionnel est à faire par le passant. Une croix élevée à cet endroit, rappelle aussi au voyageur qu’il n’est que de passage sur terre, et que la vraie vie est ailleurs et qu’un choix est à faire aussi pour son salut spirituel. Une croix de chemin est, dans le monde physique comme dans le monde spirituel, une élévation, un lien entre la terre et le ciel.

Les croix et monuments érigés dans les premiers siècles ont presque tous disparus.  Le bois était un matériau bon marché et abondant, donc largement utilisé pour l’édification des premières croix et des chapelles.
Dans le paysage elles étaient pour les habitants, des points de repères, des lieux de rendez-vous ; pour les voyageurs, les colporteurs, allant de village en village, elles leurs servaient à s’orienter. Les croyants, ne manquaient pas de se signer en passant ou de s’arrêter quelques instants pour se recueillir. Passée la période de christianisation, les raisons pour lesquelles on a continué d’élever des croix sont multiples.

  • les croix comportant un texte appelant au repentir, aux devoirs du croyant, à la prière, et rappelant au chrétien ses devoirs, que son salut passe par le Christ dans sa mort et sa Résurrection : « O crux ave spes unica ».
  • les croix offrant des indulgences en échange de quelques prières récitées par le passant (Ave, Pater).
  • les croix appelant à « prier pour les trépassés ».
  • les croix de Mission, de dimensions souvent imposantes, sont des monuments érigés en souvenir d’une mission, après la tourmente révolutionnaire, où il fallut, pour les représentants de l’Église catholique romaine, restaurer la pratique religieuse. Elles étaient financées par les fidèles.
  • les croix de Jubilé furent nombreuses au XIXème siècle, chaque paroisse désirant laisser une trace d’une année jubilaire ! Périodiquement, à partir de l’an 1 300, les papes ont proclamé une année sainte, un jubilé, au cours de laquelle les chrétiens pouvaient obtenir la remise de toute peine liée à leurs péchés : c’est l’indulgence. La périodicité des années saintes fut, au début, de 50 ans comme aux temps bibliques, puis de 25 ans. Mais en plus des jubilés réguliers, les papes peuvent déclarer des jubilés extraordinaires. Une souscription permettait souvent la réalisation de l’édifice. Il était courant de faire appel à la générosité des paroissiens
  • les croix commémoratives : marquant un événement dramatique (décès, accident, meurtre…). Elles sont parfois appelées croix d’occis.
  • les croix de dévotion faisaient l’objet de commandes auprès d’artisans sculpteurs, par des bourgeois aisés, afin de témoigner de leur foi.
  • les croix votives élevées en reconnaissance pour un vœu accompli.
  • les « croix des morts » : Croix placées le long des chemins menant depuis les fermes, hameaux éloignés, jusqu’à l’église du village où avait lieu la cérémonie religieuse de l’enterrement. Ces emplacements servaient de halte de repos et comportaient parfois un reposoir en pierres au pied de la croix, ou taillé dans la roche en place, ce qui permettaient d’y déposer le cercueil, souvent porté à dos d’hommes, et aux porteurs de se reposer.

Au temps où étaient encore pratiquées les Rogations, les processions de fidèles, répondant aux litanies des saints énoncée par le prêtre, tout au long du parcours dans le village ou le bourg, marquaient une pause devant chaque croix, ou calvaire. À l’occasion des fêtes religieuses ces croix étaient fleuries. Elles étaient entretenues bénévolement tout au long de l’année par des personnes particulièrement pieuses.

On y voyait aussi, déposés au pied, des ex-voto : croix de bois, statuettes de la Vierge, de saint, chapelet, objets divers… des graffitis étaient également effectués sur le monument. Ce genre de dévotion se voit de moins en moins, parfois encore en campagne. Malheureusement, croix, calvaires, chapelles, modestes manifestations d’une foi populaire et qui font partie du petit patrimoine de nos communes, sont bien souvent dans un état de délabrement avancé.

  La croix doit être tournée vers l’ouest parce que selon la tradition, le Christ crucifié avait la tête à l’orient, les pieds à l’occident, les bras au nord et au midi ; la croix correspondant aux quatre coins de l’univers.

Beaucoup de croix seront reconstruites après la Révolution, à l’emplacement même des anciennes.

« Les Amis de Saint Cybard »   association laïque reconnue d’intérêt général

Mairie de Vérac   21 route des Maurins   33240 VERAC 

Contact: schumachermichel@amicybard.org

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